Archive pour 'Je suis une biatch'

Miss Tasspé et Mister B2

Cette année, j’ai l’immense privilège de vous présenter Miss Tasspé, élève de 2nde secrétariat et Mister B2, élève de câblage réseau.

Miss Tasspé:  Comme toute élève de secrétariat qui se respecte, Miss Tasspé développe son muscle lingual en bavardant encore et encore. C’est que le début, d’accord d’accord. Du haut de ses 15 piges, c’est une vraie tête à claques. J’te jure, elle m’a tellement grave vénère la dernière fois que j’ai failli lui choper une touffe de cheveux pour en faire une poupée vaudoue sur laquelle je défoulerai mes nerfs avec une bonne séance d’acupuncture. En plus, elle a des bouclettes façon Nelly Olson, la biatch de la petite maison dans la prairie. Et un appareil dentaire (que j’ai envie de lui faire bouffer quand elle lève les yeux au ciel dès que je lui demande aimablement de bien vouloir cesser de pipeletter). Lundi dernier, Miss Tasspé est arrivée avec 15 minutes de retard après avoir fait un tour par l’infirmerie. Elle rentre, sans frapper, sans s’excuser, et sans un bonjour. Parce que ça lui défiserait ses anglaises d’être polie, tu vois.

Puis, après avoir sorti sa trousse et son cahier (qui lui sert plutôt d’oreiller), là voilà qui se fait une séance manucure avec la pointe de son compas et bavarde avec sa voisine. Tu lui demandes de se taire, tout en te rappelant mentalement qu’il est strictement interdit d’après le réglement du lycée de planter une pointe de compas dans les yeux d’une élève.

Après la correction du contrôle, on fait un peu de civi sur la Nouvelle-Zélande. Et là, Miss Tasspé est crispée sur sa table, la tête posée sur son oreiller cahier, et ne prend aucune note de ce que je me casse le cul à écrire au tableau. Bon, visiblement, elle souffre, c’est pas du chiqué. Ou sinon, elle mériterait un Oscar. Je laisse couler.

5 minutes plus tard, le mal de ventre a visiblement disparu puisque je la surprends à rire avec son voisin de derrière.

- Mmm, pour écrire, t’es malade, par contre dès qu’il s’agit de rire, tu n’as plus mal !

- Ouais, j’aime bien rigoler, moi !

- Par contre, ça ne te dispense pas d’écrire le cours.

- Bah quoi ? J’ai bien l’droit d’avoir mal au ventre quand même !

- Et t’as surtout le droit de fermer ta putain de grande gueule !!!

Bon, en vrai, j’ai pas dit ça. Mais j’aurais drôlement aimé !

Au lieu de ça, j’ai dû me contenter d’un :

- Et t’as aussi le droit de te taire. Et d’arrêter de me répondre. C’est ce qu’on appelle « le respect » et c’est pas inné pour certaines…

- Genre…qu’elle rétorque en sourcillant.

Elle réveille mon côté Dexter et je chasse l’image des sacs poubelles jetés dans la Manche après l’avoir disséquée avec sa putain de pointe de compas Maped.

PétassePétassePétassePétassePétassePétassePétassePétassePétassePétassePétassePétassePétassePétassePétassePétassePétassePétassePétassePétassePétassePétassePétassePétassePétassePétassePétassePétassePétassePétassePétassePétasse.

Vendredi, c’est la réunion parents-profs, j’ai hâte de voir la tronche des darons de ce mollusque à frisettes.

Mister B2: Alors là, voici un personnage haut en couleurs (bien qu’il soit aussi pâle qu’un cachet d’aspirine). Surtout, il ne faut pas écorcher son prénom sous peine de le voir exploser une durite. Ben oui, « André-i », c’est tout de même pas pareil que « Andreille », bordel ! Quand lors du premier cours, je leur ai annoncé qu’en senconde pro, on faisait du A2 pour atteindre progressivement le niveau B1 (des niveaux établis par je-ne-sais-qui-mais-dont-le-but-ultime-est-de-nous-emmerder ), Andreille André-i s’est indigné en décrétant que lui de toute façon, il avait déjà le niveau B1, voire même B2.

Et pourquoi pas B45, tant qu’on y est, hein ?

Parce qu’à la première écoute d’un dialogue où des gens se présentaient en anglais, il a pas été fichu de me dire que Jack, il avait 21 ans, et non pas 17 ans comme il l’a annoncé lors de la correction.

Il s’est vautré, je jubile. Je prends sur moi pour ne pas lui dire « Ben dis donc, t’es sûr d’avoir le B2 ? »

Au cours suivant, il perd patience lors d’un exo.

- Pfffff, c’est d’un facile ! On fait quoi quand on s’ennuie ?

- Dis donc, t’es sûr au moins de ce que t’as écrit ? Parce que je te rappelle que même des exercices faciles, tu peux faire des erreurs comme la dernière fois.

- Moi ? Une erreur ? Je ne crois pas.

- Si.

- A quel moment ?

-Avec l’âge de Jack.

- Non , j’ai trouvé son âge. Vous devez confondre.

Non, je confonds pas, ptit couillon.

Et là, je viens de corriger sa copie après leur avoir donné un contrôle de niveau 6ème, et il n’a eu que 14/20.

J’ai jamais autant eu hâte de rendre leurs contrôles aux élèves ! Vivement demain !!!

Aaaaaaaaaargh !!!

Je m’étais promise juré craché que jamais ô grand jamais je ne le ferai.

J’avais même mis un point d’honneur à ne pas céder à la tentation, quoi qu’il m’en coûte.

Que je serai forte, digne, et vaillante, dans la richesse comme dans la pauvreté (oups, désolée, ça, c’est mon texte pour la semaine prochaine)

Tant pis, au diable cette résolution; aujourd’hui, j’ai décidé de craquer.

Aujourd’hui, je vais dire du mal de l’Ex.

(Ouh là là, j’en frétille d’avance, telle une truite -et pas une truie, hein- hors de l’eau. J’en connais un qui va avoir ses oreilles qui sifflent aujourd’hui, d’ailleurs, ce sera pire qu’un sifflement, ça va carrément être du vuvuzela !)

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Rien que de penser à toutes les méchancetés que je vais balancer, j’en frôlerai presque l’orgasme (chose qu’il ne m’aura jamais fait connaitre en 12 ans de vie commune) (ah oui, hein, mon ptit lémurien, je t’avais prévenu que ça taclerait sévère : aujourd’hui, je suis en mode biatch-langue-de-pu*e-niveau-blagues-ta-mère)

(Tiens, en parlant de blague ta mère, celle-ci est trop drôle : « Ta mère est tellement stupide qu’elle croit que Nymphomane, c’est un super-héros « )

Bon, qu’est-ce qui a pu déclencher un tel courroux en moi, moi qui suis habituellement si douce et raffinée ?

( Tiens, en parlant de raffinement, celle-là n’est pas mal non plus: « Ta mère est tellement conne qu’elle croit qu’un cunilingus, c’est un nuage »)

C’est simple: j’ai récupéré les enfants hier, après qu’ils aient passé 2 semaines de vacances avec leur (nigaud de) père.

Celui-là même qui me critique invariablement dès lors que j’emmène Doudou chez le coiffeur et qu’il trouve que la madame, elle y va un peu fort sur la tondeuse. C’est tout juste s’il ne prend pas un double décimètre pour mesurer la perte capillaire estimée.

Celui-là même qui demande à Pépette, notre ainée, si maman elle est bien allée chez une coiffeuse ou si elle a tondu les cheveux de Doudou toute seule.

Et que Pépette confirme invariablement que oui papa, c’est bien la coiffeuse qui a coupé les cheveux à Doudou, parce que maman ne veut plus revivre la honte de la dernière fois où elle avait cru que ce serait hyper trop facile d’imiter Edward aux mains d’argent et qu’au final, elle a dû vivre avec le poids sur la conscience (et le regard des autres mamans à la sortie des classes) qu’elle avait défiguré son fils, capillairement parlant. Et re-la honte quand il avait fallu l’emmener chez la coiffeuse pour qu’elle rectifie le tir. Et subir cette fois le regard des clientes qui mentalement pensaient quelle mère ingrate pouvait bien faire ça à son marmot.

Plus jamais ça, comme diraient les survivants d’Hiroshima.

Hélas… L’histoire en a décidé autrement.

Ou plutôt, son couillon bêta de père en a décidé autrement.

(Petite réflexion au moment où j’écris : D’ailleurs, pourquoi n’existe t-il que des blagues « Ta mère »? Et pourquoi pas des blagues » Ton père « ??! Ca ferait autant rire, tiens par exemple : « Ta mère ton père, il est tellement con que sur un formulaire où il y avait écrit ‘Ne rien écrire sous cette ligne’, il a écrit ‘D’accord‘. « )

Bref, revenons à notre buse.

(Petite réflexion-bis : pourquoi « buse » est-il un nom féminin ??? Diantre, vivrions-nous (conditionnel présent) dans un monde machiste ?)

Revenons à notre corniaud, donc.

Il a été demander à une amie de couper les cheveux de Timalin, notre tidernier.

Autrement dit,

IL A OSE CONFIER LA TETE DE MON BEBE D’AMOUR A UNE FILLE QUI EST LE SOSIE OFFICIEL DE JACKOUILLE LA FRIPOUILLE !!!! ET CE, A 10 JOURS DE MON MARIAGE !!!

Une fille qui prétend être relookeuse professionnelle et qui est fière d’afficher sur son site des photos avant/après des personnes qu’elle a défigurées relookées. (Personnes qui se trouvent être, comme de par hasard, des membres de sa famille…)

 
 mere.jpgsa mère

oncle.jpgson oncle

bellesoeur.jpgsa belle-soeur

Et le meilleur pour la fin, sa soeur :

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(Je précise que toutes ces photos sont extraites de son site professionnel) (et qu’elle te demande 120 € pour te prodiguer des conseils coiffures, et 299€ pour t’aider à faire le tri de ta garde-robe…)

Allez, une tite blague « ta mère » pour te remettre du choc.   » Ta mère, elle est tellement moche que même le chien qu’elle promène dans la rue dit qu’il ne la connait pas ».

Aussi, je ne peux décemment pas laisser Timalin comme ça, pas avec ce meurtre capillaire. Imagine si je rencontre des élèves en ville… Ou pire, le proviseur. C’est un coup à se choper une inspection, ça.

 Et donc, qui c’est qui va se retaper la honte, subir à nouveau les regards des clientes et passer pour une mère indigne ? Je te le donne en mille…

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Mais pas question que je l’emmène chez la coiffeuse qui doit me faire le chignon. Non, non, je vais l’emmener aux C.A (Coiffeurs Anonymes).

Et prions pour que ça ait repoussé d’ici une dizaine de jours.

En attendant, je refoule mes envies d’homicide…

 

Welcome to Mytholand !

Roublard est un élève de 1ère.

Pas de bol pour lui cette année, son emploi du temps est tellement bien fait qu’il n’a que 3 heures de cours le vendredi, dont 2 d’anglais.

Heeeehaaaa !!!

Pas de bol pour lui, il habite assez loin et s’il veut pouvoir assister à ses heures de cours, il doit prendre le bus aux aurores, et poireauter le soir pendant de looooongues heures que même moi, dans cet intervalle, j’ai eu le temps de rentrer, faire faire leurs devoirs aux pitchounes, les disputer en faisant mes yeux tout ronds pour tenter de les impressionner, vider un paquet XXL de M&M’s, faire une heure d’aérobic pour éliminer ces mêmes fichus M&M’s, me vernir les ongles de pieds, faire à dîner.

Pfiou, rien que de l’écrire, je suis toute fatiguée !

Toujours pas de bol pour Roublard, il a une tronche qui n’est pas sans me rappeler ma Casio de quand j’étais en 4ème et que la prof de maths nous avait ordonné d’acheter une calculatrice scientifique, avec plein, tout plein de boutons. Trop de boutons même.

Roublard, cependant, a plus d’un bouton à sa tronche d’une corde à son arc. Aussi, j’ai dû le voir en tout et pour tout 5 ou 6 fois depuis le début de l’année. C’est pas faute d’avoir signalé ses absences pourtant, mais Roublard a des alibis en béton: dermato (tu m’étonnes !), malade (bon alors là, il a dût nous faire 5 gastros, 3 grippes aviaires, 7 angines, la tuberculose, l’hépatite A, B, C …et peut-être même l’hépatite Z) ainsi qu’une flémingite aigüe.

Bref, tu l’auras compris, le Roublard, le vendredi, il se barre (en plus, ça rime). Après avoir été en physiques, quand même.

Du coup, la semaine dernière, ça lui est un peu revenu aux oreilles que madame Kinou, elle était pas ravie-ravie après lui, que ça commençait à bien faire, hein, et que j’étais grave vénère ! Il décide donc de se pointer l’après-midi pendant ma pause en salle des profs, alors que j’étais en train de raconter une blague salace papoter avec une collègue.

D’une, il m’interrompt.

Deux, c’est ma pause, quoi, sans blague ! Est-ce que je vais le voir pour lui taper la causette moi pendant sa récré ??!

- Bonjour madame. C’était pour vous donner une lettre dans laquelle j’explique mes absences tout au long de l’année.

- Hé ben dis donc Roublard, j’avoue que ça me sidère un ptit peu ! Qui t’a incité à le faire ?

- Personne, c’est de ma propre initiative.

- Très bien, écoute, je vais lire ça de suite alors. Mais tu seras là demain quand même ?

- Je sais pas trop encore, mais vous comprendrez mieux en lisant ma lettre.

Il s’en va, et je déplie le papier qu’il m’a donné.

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Ben voyons…Ca tombe bien, la prof à qui je racontais des blagues cochonnes avec laquelle je discutais est prof de sport de la même classe. Elle me confirme que Roublard n’a jamais été dispensé de sport de l’année.

Alors là, mon sang ne fait qu’un tour. Je suis encore plus vexée que la fois où j’avais commandé un best of Royal Bacon au Macdrive et qu’arrivée à la maison, je me suis rendue compte qu’ils avaient oublié mes frites.

Comme dirait ma fille : « Ca s’fait trop pas ! »

Illico, je vais aux ateliers voir le P.P (prof principal)

- Salut, excuse-moi de te déranger, mais Roublard, il se fout un peu de ma gueule là…Limite j’ai l’impression d’avoir un nez rouge au milieu de la tronche…

Le P.P lit la lettre, et me dit d’aller en parler à l’infirmière, histoire de jouer le jeu à fond. De son côté, il téléphone au père de Roublard, le soir même (un père très autoritaire et qui dit tjrs que les profs sont des glandeurs, des fainéants, toujours en grève ou en arrêt maladie…):

- Allô ?

- Oui, bonsoir, c’est monsieur P.P. Je vous appelle au sujet de votre fils. J’aurais voulu savoir si, par rapport à l’opération que Roublard a subi, il fallait prendre certaines précautions. Vous comprenez, il faut que j’avertisse mes collègues de ce qui lui est arrivé et les prévienne si l’on doit prendre certaines dispositions

- Hein ?

- Ben oui, j’ai été prévenu par sa prof d’anglais qu’il venait d’être opéré à coeur ouvert et…

- C’est quoi ce bordel ??! Il n’a jamais été opéré. Houlà, je vais voir ça avec lui ce soir !!!

Là-dessus, Roublard arrive le lendemain en cours, tout péteux, et me présente ses excuses.

- Ok Roublard. N’empêche que tes mensonges m’écoeurent. Tu sais, j’ai vraiment pris cette histoire très à coeur.

Il reste 2 semaines de cours avec Roublard, je sens que je vais m’en donner à coeur joie de le chambrer…

(mais il n’est pas le seul à se faire taquiner, j’ai retrouvé un nez de clown dans mon casier…J’ai tellement ri que j’en ai attrapé un haut-le-coeur…)

 

Coach en tout genre…

Chéri et moi allons nous marier en août. (D’ailleurs, ça ne m’étonnerait pas qu’il y ait une vague de suicides ce jour-là)

Du coup, à la demande du prêtre qui va nous unir, on s’est fait coacher par un couple qui a 38 ans de mariage derrière lui et dont le but était de nous montrer que se marier, c’est vachement cool, mais punaise, c’est pas rose tous les jours.

Au début, Chéri et moi, on était hyper enthousiastes de pouvoir échanger avec un couple de survivants vétérans du mariage, espérant qu’ils allaient nous transmettre leur recette miracle de longévité. Et surtout, qu’on serait leurs tits chouchous face aux autres couples qu’ils sont chargés de coacher également.

1ère entrevue, chez eux, au bout de 5 minutes:

Madame Coach: – Ah mais vous savez, nous, on n’a jamais demandé à avoir autant de couples à coacher, hein. C’est le prêtre qui nous les a tous collés, alors que pourtant, il y avait un autre couple pour vous coacher habitant dans la même rue que la vôtre ! Ca fait 4  soirs de suite qu’on reçoit des futurs mariés, on n’en peut plus !

Monsieur Coach: Bon, allez, dites-moi ce que sont les 4 piliers du mariage ?

Nous: Euh…. Fidélité…Amour…Sincérité….et Repassage Popotte Sexualité ?

Monsieur Coach: Fidélité, oui. Fécondité aussi.

( Chéri, chuchotant): Oui, ben pour féconder, faut bien s’entrainer avant….

Monsieur Coach: Il y a aussi la Liberté et…

Moi: L’égalité ?

 Monsieur Coach, roulant des yeux sous sa calvitie: Noooon. Le dernier pilier, c’est l’indussolibilité. Bon maintenant, faut pas vous voiler la face, hein, mais le mariage, ce n’est pas aussi génial que ça puisse paraître. Là, vous êtes encore dans la phase fusionnelle qui dure 3 ans. Mais après ? hein ? Ah eh puis, méfiez-vous: un couple qui ne se dispute jamais, c’est pas bon, car ça veut dire qu’il y en a toujours un qui s’écrase, et le même qui fait des concessions. Bon, et sinon, on va faire une photo de vous, car on collectionne les photos de tous les couples que nous accompagnons, et ensuite, vous me direz le métier que vous faites, car si je vous croise dans la rue dans un an, je ne me rappellerai pas de votre prénom. Par contre, je me souviendrai de votre métier. Je me rappelle toujours des gens grâce à la fonction professionnelle qu’ils occupent.

- Ben moi, je suis informaticien.

- Et moi, je suis prof.

Monsieur coach: – Dans ma vie, j’ai beaucoup côtoyé des gens haut placés: des juges d’instruction, des présidents d’université…

(En gros, à ses yeux, on était des cassos.)

Chose qui s’est confirmée lors du second entretien, un mois plus tard:

- Bon alors, toi, tu es électricien, si je me rappelle bien ?

- Non, je suis informaticien.

- Ouais, bon, c’est pareil. Et toi, tu fais quoi déjà ?

- Je suis prof.

- Prof où ça ? Dans un lycée privé du centre-ville ? Prof d’université ?

- Non. En lycée pro.

- Ah. Bon. Bref. Aujourd’hui, on va aborder le thème de la fidélité. Il y a longtemps, j’ai connu un PDG qui était directeur d’une grande radio nationale. Europe1. Il avait réussi sa carrière, avait eu un beau mariage, de beaux enfants qui ont bien réussi socialement. Tout était parfait, mais il était très pris par son travail. Un jour, alors qu’il se promenait avec sa femme dans un parc, celle-ci lui avoue qu’elle le trompe depuis plusieurs mois, mais qu’elle a rompu avec son amant. Et vous savez quelle réaction le PDG d’Europe 1 a eue ?

 Moi – Heu…Il l’a lapidée ? Pire encore, il lui a découpé sa carte bleue ?

- En fait, il s’est mis à genoux et lui a demandé pardon.

Nous: – HEIN ???

- Ben oui, le fautif, ce n’est pas seulement celui qui commet l’adultère. C’est aussi celui qui a poussé son conjoint(e) à le faire, en le/la négligeant, par exemple. Et depuis, je peux vous dire qu’ils sont toujours ensemble. Le pardon a une place importante au sein du couple.

Ben moi, mon Chéri, je veux bien lui pardonner de ne pas aimer James Blunt, de me réveiller à 6h30 même en week-end parce que son horloge biologique est réglée sur ce ( putain de ) 6h30 7j/7, de m’embrasser alors qu’il vient de boire du Coca et que j’aime pas cette boisson. Par contre, si  Chéri a le gêne DSK en lui et qu’il tente ne serait-ce que de poser ses mains sur une paire de fesses qui ne figurent pas sur MON anatomie, c’est à grands coups de Kalachnikov sur une partie de SON anatomie que je vais lui pardonner…

Mais, Madame Coach me tire de mes pensées :

- Ben dites donc, heureusement que vous vous mariez dans le coin, car si ça avait été trop loin, nous ne pourrions pas venir à votre cérémonie.

Chéri et moi nous échangeons un regard entendu, accompagné d’un dialogue télépathique entre nous :

- T’as vu l’autre comment elle se tape en l’incruste à notre mariage !

- Oui ! Mais même pas en rêve !

- Je t’aime chéri.

- Moi aussi mon coeur. J’ai hâte que cette soirée se termine et qu’on rentre à la maison. En plus, ton jean, il te fait un cul de ouf !

- Arrêteuh, que je lui réponds en roucoulant silencieusement. (En même temps, c’est vrai qu’il me fait un cul de ouf, ce jean ! )

Bon, la suite, c’est censuré car c’est pas un blog de charme non plus, hein.

De toute façon, nos 2 coaches interrompent notre coït télépathique :

- Monsieur coach: Bon,ben, on va s’faire un p’tit Notre Père, hein, avant de s’en aller. Notre Père, qui êtes aux Cieux…

Et là, j’ai halluciné, mais Monsieur Coach, j’ai bien vu qu’il ouvrait les yeux de temps en temps et nous observait à la dérobée pour voir si on connaissait par coeur notre prière.

Puis, un autre moment de prière finale, improvisée par Madame Coach:

- Seigneur, nous te prions d’accompagner Gwendal et..

- Non, c’est Gwenaël moi.

- Ah pardon. Seigneur, nous te prions d’accompagner Gwenaël et Nadège…

- Non, moi c’est Kinou.

- Oups, désolée, Gwenaël et Kinou…euh…que tu les prennes sous ton aile….et…euh…que tu les guides….dans leur parcours marital…

- Monsieur Coach (impatient et agacé): Amen.

 Amen.

Ah merde, oui plutôt…

Trop un ouf !

Dans mon bahut, on est 9 profs d’anglais.

Et y’a que 3 lecteurs (à cassette, hein, parce que quand on demande des lecteurs CD, on te répond que c’est pas possible, que ça coûte trop cher, et que y’a déjà un labo de langues avec des ordis de prévu pour dans 5 ans, alors ton lecteur Cd, tu peux te le caler bien profond là où le chef des travaux le pense) ( on n’a pas encore testé la demande avec port USB…), qu’il faut se le partager entre nous, et que c’est une galère pas possible.

Du coup, petite ingénieuse que je suis, je me suis achetée moi-même mon lecteur k7-CD, oui oui, comme une grande, avec mes propres deniers gagnés à la sueur de mon Stabilo bleu. D’ailleurs, ça m’a valu de prendre 10 ans en l’espace de 30 secondes quand ma fille m’a demandé:

 » C’est quoi, une cassette ? »

[ Je reviens, je pars me Botoxiser]

Toujours est-il que je me la pète dans les couloirs du bahut avec une démarche qui n’a rien à envier aux Bee-Gees, en arborant fièrement MON lecteur rouge écarlate (qui n’est pas sans me rappeler la couleur de mon placenta.)

Et magnanime que je suis (je sais pas ce que ça veut dire, mais je trouve que ça sonne bien), je consens à le prêter à mes collègues, parce que profs, c’est pas (que) des humains qui font chier d’autres humains à grands coups d’interros surprises, tu vois. Etre prof, c’est être solidaire, main dans la main, cartable contre cartable, tous unis pour transmettre à nos jeunes le Savoir qui leur permettra de trouver un bon job et de payer ma retraite.

Amen.

L’autre jeudi, j’arrive à 8h29 précises, m’apprêtant à jeter un oeil dans mon casier et prendre par la même occasion mon lecteur (qui est rouge, je te le rappelle) quand [voix gravissime de David Pujadas] soudain, c’est le drame.

L’horreur et la stupéfaction me pétrifient instantanément sur place.

Puis, je deviens aussi rouge que mon lecteur CD (que je n’ai toujours pas retrouvé).

Evidemment, la cloche sonne (et je ne vise personne en disant cela), et moi, chuis pas dans la mouise avec mon cours du jour qui n’est basé que sur de la compréhension orale. Of course.

C’est un cauchemar, encore plus pire que la fois où j’avais rêvé que je venais faire cours en chaussons. Sans mon lecteur (rouge hémoglobine), je me sens aussi nue qu’une limace qui aurait voulu être un escargot.

Ouaip, y’a pas meilleure métaphore…

Bref, je mène l’enquête et il se trouve qu’un de mes indics me révèle le nom du coupable: c’est le prof de nutrition qui me l’a emprunté la veille et qui s’est bien gardé de le ranger à sa place. Le bougre !

Alors, déjà, on est d’accord que:

1) Enseigner l’anglais, c’est plus kiffant que d’enseigner les calories.

2) S’il continue à me faire des coups tordus comme ça, je sais par où je vais les lui faire bouffer ses 5 fruits et légumes par jour !

3) C’est MON lecteur quoi, bordel de crotte de zut !

Du coup, une gentille collègue vient à ma rescousse et me prête un lecteur CD.

L’histoire ne retiendra pas que je me suis tapée la honte devant mes élèves de 1ère (section EDF) car je ne savais pas le manipuler…. Que du coup, j’étais encore plus énervée à la fin du cours. Et que du coup, à la deuxième heure de cours, mes pauvres petits élèves de seconde, tout mimis et choupis qu’ils sont, ils se sont installés en silence, et jamais, je dis bien JAMAIS, en 8 ans de carrière, je n’ai eu d’élèves à s’installer en silence.

C’est dire à quel point ils ont ressenti ma détresse.

C’est alors qu’ils s’enquièrent du pourquoi madame, vous êtes vénère today (trop mignon d’essayer de me remonter le moral en incrustant des tits mots d’anglais de ci, de là…), keskispasse mdame, vous avez vos rulers ? (j’suis trop énervée pour lui expliquer qu’avoir ses règles, c’est pas la même chose que d’avoir ses règles)

Et là, je m’allonge sur mon bureau, la main posée sur le front, et je déballe tout, en remontant jusqu’à ma plus tendre enfance.

(Bon, en vrai, je leur ai juste dit: « Me prenez pas la tête aujourd’hui, déjà qu’on m’a chourav mon lecteur cd, alors si en plus je dois vous supporter, ça va pas le faire! »)

(ou presque)

- Oh z’y va m’dame ! Qui c’est qui vous a chourav votre lecteur ? J’vais lui faire la misère à c’type, me !

Et là, magnanime que je suis (je ne sais toujours pas ce que ça veut dire), j’ai pris sur moi pour bien articuler le nom du collègue-choureur de lecteur CD rouge.

Limite je l’aurais écrit au tableau. En grand. Ou sur un vidéo-projecteur, police 54.

- Vous inquiétez pas m’dame, on va vous venger. Plus jamais il vous le piquera, votre machin.

Du coup, j’ai eu peur que ça n’aille trop loin. Après tout, ce n’est jamais qu’un lecteur Cd (rouge). Alors, à la récré, j’en ai profité pour prévenir le collègue:

- Hé Bidulle, c’est pas toi par hasard qui aurait emprunté mon lecteur (rouge) et qui aurait oublié par hasard de le ranger ensuite ?

- Ah si, oui, en effet, hi hi, désolé, hi hi.

- Désolée moi aussi, d’avoir demandé aux élèves de te pourir ton cours de cette aprèm.

- Oh noooooon, Kinou, t’as pas fait ça ? Allez, j’te paye un chocolat chaud et on en parle plus, ok ?

Mouhahahaha, douce vengeance….

 

 

Trop un ouf ! dans Je suis une biatch action-onRendez-vous sur Hellocoton !

Ma fille, ce chameau

Dans le journal intime de ma fille, tu apprends plus de trucs que dans Voici, Public, ou Closer réunis.

(Oui, oui, je sais, c’est mal de fouiller lire et de t’immiscer dans l’intimité de ta fille…blablabla…elle t’en voudra toute sa vie…blablabla…tu es une mère indigne….blablabla….tu mériterais d’être flagellée avec des poils de cul….blablabla…)

  • Primo, je ne fouille pas, je m’instruis.
  • Deuxio, je ne fais que lui témoigner de l’intérêt pour ses écrits. Peut-être que si feu Madame Hugo mère avait montré davantage d’intérêt pour les écrits de son fils, il aurait peut-être pondu autre chose que « Les Misérables » et eu une reconnaissance encore plus mondialement connue, une popularité à l’instar de Britney Spears par exemple…
  • Troisio, je vérifie ses fautes d’orthographe.
  • Quattro (de Wilkinson), c’est tendu en ce moment entre elle et moi, entre elle et son père, entre elle et ses copines…Elle va mal, elle s’ouvre peu, c’est si facile et tentant de lire ce qui la tracasse.
  • Cinquo, j’apprends des choses sur moi dont je ne soupçonnais même pas l’existence.

Si, si, véridique.

En plus, c’est pas bien méchant, ça ne fait que 2 jours qu’elle l’a commencé son journal. Y’a pas mort d’homme non plus. D’autant que ce cahier, c’est moi qui le lui ai fourni quand elle est descendue avant-hier:

- M’man, pfffff…(oui, ma fille aime soupirer. D’ailleurs, elle doit avoir des poumons ultra-développés vu la quantité d’air qu’elle est capable de rejeter en une seule expiration) T’aurais pas un cahier  pour moi ?

- Heu si, là, mon cahier de texte pour le travail ( tu sais, le cahier avec une reliure en carton épais qu’on te refourgue à la rentrée pour noter à la fin de chaque heure ce que t’as fait dans ton cours) Prends-le, il ne me sert pas. Ah euh…non… En fait, je ne peux pas te le donner…

- Pourquoi ?

- Non, non, rien…

J’allais tout de même pas lui dire qu’avec Chéri, on s’est amusé un soir à faire de savants calculs sur notre compatibilité amoureuse d’après les lettres de nos prénoms. Et encore moins que sur la page suivante, on a calculé, selon la même méthode, notre compatibilité sexuelle. (D’ailleurs, faudra que je dise à Chéri ce soir quand il rentrera qu’on a dû se planter quelque part dans le calcul…)

Du coup, je lui file un autre cahier, qu’elle prend dédaigneusement, avant de monter dans sa chambre. (J’attends toujours son merci….)

Cahier que je m’empresse d’ouvrir le lendemain pendant qu’elle est à l’école (après tout, j’en suis actionnaire à 50%)

1ère page: « journal intime n°3. Interdit de mettre vos nez dedans ! » (pfff, alors là, même pô peur d’abord !)

Page n°2: « Ma mère est une grosse gourde ! Je lui demande un cahier, et elle me refile un qui est DEJA rempli ! Elle me dit « Non, non, je peux pas te donner celui-là », alors je suis retournée discrètement voir ce qu’il y avait dedans. C’était ça : (là, je vois avec horreur qu’elle a déchiré les pages avec nos scores et qu’elle les a collés dans son cahier).  »

Page n°3: « Bucky (alias mon Chéri avec qui j’ai refait ma vie) est parti loin pour son travail. Il nous a ramenés des cadeaux et des sucettes » (elle colle un emballage de chuppa chups)

Page n°4: « maman, elle ne s’occupe jamais de moi. Elle a passé toutes ses soirées à téléphoner à Bucky quand il était à l’étranger (en même temps ma cocotte, à 22h, t’étais supposée dormir !) J’aime bien quand ils se disputent, ça me fait plaisir. Mes cochons d’Inde me manquent. »

Page n°5: « Ma mère est infernale, je ne la supporte plus !!! C’est pas des culottes petit bateau qu’elle porte, mais des culottes grands paquebots ! Il est 13h30 et je crève la dalle, et les deux autres, ils sont en train de parler dans la cuisine ! Bucky, c’est comme un boomerang, plus tu le lances loin, plus il revient. Et mes frères, ils sont tellement petits, qu’il se marieront avec des nains de jardin plus tard. »

Page n°6:  » Objectif abdos: une série de 150. Réussi ? Oui. Tablette ? Pas encore« .

 Bon, réfléchissons.

Déjà, il n’y a pas une faute d’orthographe. Ensuite, …

Bah non, pas d’ensuite. Je me suis effondrée quand j’ai lu ça. Et elle s’est effondrée quand elle s’est rendue compte de mon intrusion. On s’est expliquées, on s’est fait des reproches, on s’est mouchées mutuellement dans nos cheveux, on s’est pardonnées.

Je ne sais pas combien de temps cette trêve va durer, mais une chose est sûre, l’adolescence, c’est pas tchoupi tous les jours; une maman intrusive, c’est pas cool non plus, et enfin, je n’ai pas de culotte paquebot dans ma commode ! Clin doeil

 

Ma fille, ce chameau dans Je suis une biatch action-onRendez-vous sur Hellocoton !

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