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Archive pour 'Bordel de crotte de zut !'

MOMO-NIK-TA-MERE

Dans le bahut, on a 2 CPE.

L’une est formidable, c’est un peu la superwoman des surveillantes, tu vois, celle qui vient à la rescousse de la veuve et des orphelins. T’as un problème avec un élève, elle est là, te soutient, et s’assure que l’élève reparte sur de bonnes bases.

MOMO-NIK-TA-MERE dans Bordel de crotte de zut ! justice-wonder-woman7-254x300

 

Puis, il y a  Mo-Nik.

 

lazy_woman-300x196 dans Boulot boulot dodo

 

Momo, pour la décrire concrètement, est au bureau de vie scolaire ce qu’un bouton de fièvre est à tes lèvres : moche, inutile, et ça te fait grave chier !

Mais le pire du pire du pire, c’est que Momo, on lui voit ses racines.

Bref, hier, j’arrive en mode mémère au bahut, trainant un cartable qui doit faire le triple de mon poids, ainsi qu’une crève qui fait de moi une championne d’apné. Là voilà qu’elle arrive la Momo, et qu’elle m’accueille avec sa légendaire sympathie:

- Dis, c’est toi qui as viré un élève de cours lundi dernier ?

- Bonjour. Oui, effectivement, c’est moi.

Petit flashback : Lundi soir, devoir surveillé avec ma classe de 2nde Cas-Soss. Dix minutes avant la fin de l’heure, Tête-de-Lard explose de rire. Il rigole nettement moins quand il voit que j’ajoute une croix dans mon cahier, en face de son prénom.

- Hé, pourquoi vous me mettez une croix ?

- Parce que putain, tu me saoules grave l’as mérité, point barre.

- Schkreufniania

- Quoi ?

- Rien. J’vous parle pas, alors m’parlez pas non plus !

- J’te parle si j’veux d’abord ! Et maintenant, tu prends tes affaires, et tu vas au bureau de vie scolaire ! Têtàclak, tu l’accompagnes.

Retour sur le présent. Gros plan sur Momo.

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- Oui, et tu n’es pas sans savoir que quand tu vires un élève, celui qui l’a accompagné revient avec un mot des surveillants, tu le sais ça quand même ?

- Evidemment, et comme il est revenu sans, c’est la raison pour laquelle je suis allée voir les surveillants à la fin de l’heure et j’ai rédigé un rapport d’incident.

- Nan mais quand même, tu connais le réglement intérieur ! Tu sais bien ce qu’il dit par rapport aux exclusions ?

- Oui, mais d’une, j’ai déjà viré des élèves et non les mots des surveillants ne sont pas systématiques. De deux, si tu veux qu’on parle du réglement, faudra qu’on m’explique pourquoi il est écrit qu’on ne doit pas accepter les élèves après 10 minutes de retard, et que vous nous les envoyez quand même avec une autorisation d’entrer en cours ?

Elle en menait pas large, la Momo, hi hi, elle s’attendait pas trop à ce que je lui renvoie ça dans sa tronche de morue défraichie.

- Ca ne devrait pas se faire. Mais tu peux les refuser, aussi.

Voilà, j’en avais plein le nez, puis plein le doigt, et voilà qu’elle a réussi à m’en mettre plein le cul !!!

Depuis, dans cette même classe, une collègue a eu un problème avec un élève qui lui a jeté une paire de ciseaux alors qu’elle lui avait simplement demandé de venir s’asseoir devant. La Momo a reçu l’élève dans son bureau pendant 3 heures, et lui a demandé une expression écrite sur l’origine de son geste.

Bizarre, je croyais que le réglement stipulait de tout élève qui était une menace pour quiconque devait faire l’objet d’une exclusion définitive, non pas d’une dissertation…

 

Ouch !!!

A la base, je voulais t’écrire un article sur la honte quand je suis allée à la pharmacie pour demander à la fois un shampoing anti-poux pour mon fils et du fluvermal pour moi ma fille.

Puis, entre-temps, j’ai fait de la cuisine.

Aussi, à défaut de te raconter comment j’ai éradiqué poux et lentes de la tête de mon bambin tout en me grattant le cul, je vais te narrer comment j’ai failli me suicider de l’index. (Soit dit en passant, un index précieux pour gratter le fion quand ça démange les poêles)

Rassure-toi, aucune corrélation entre la cuisine et les parasites qui jouent à cache-cache dans la chevelure de fiston. Il n’est nullement question je te donne la recette de la soupe aux poux, même si d’après wikipédia, « les Amérindiens les dégustaient avec plaisir, les esquimaux les considéraient comme une nourriture fortifiante au point de les chasser sur la peau des phoques pour agrémenter leurs repas« .

Hier donc, j’étais aux fourneaux, préparant amoureusement des nems pour mon mari, lui faisant gaiement des coucous de la main à chaque fois qu’il passait et repassait devant la fenêtre, au rythme ronronnant de la tondeuse. Je fais tremper les champignons noirs et le vermicelle de soja, je sors les carottes et les oignons, puis je commence à émincer au couteau la viande. Comme c’est un peu long et galère, je tente de la hacher avec mon super hacheur électrique dont je me sers pour faire des soupes ou purées.

Ouch !!! dans Bordel de crotte de zut ! 423737_2

Faut dire que ça marche plutôt bien, tellement bien que quelques 10 minutes plus tard,

 

OOOPS !!!

 

Je sens que ça picote un peu au bout du doigt. Je regarde, et je manque de m’évanouir, comme le jour où j’ai appris que Brad Pitt quittait Jenifer Aniston. Et pas pour moi, en plus.

- M’amouuuuuuuur ???!!! que je hurle.

Chéri rapplique en 4ème vitesse, prêt à bondir courageusement sur une araignée qui aurait provoqué en moi ce cri hystérique.

- Je crois que je me suis un petit peu amputé l’index en voulant enlever de la viande qui bloquait la lame, j’explique complètement en panique.

J’ai beau être brune capillairement, je suis cérébralement blonde platine, ce qui me vaut parfois des mauvais tours comme celui-ci, ou encore une autre fois quand j’étais jeune fille au-pair et que je m’étais prise l’aspirateur sur la tronche alors que j’aspirais la moquette de l’escalier.

Chéri s’empresse de m’emmener à l’hosto. Je passe en mode pignouse-attitude. Je tiens mon doigt de peur qu’il aille rouler sous le siège. Je peux même plus le regarder (le doigt, hein, pas le siège), moi qui pourtant ai pu regarder les 7 Saw sans tressaillir. J’ai les oreilles qui bourdonnent, et je sens que mes joues virent du rose-crevette au blanc-pastille-vichy. Heureusement (il y a Findus ♪ ) on arrive et je suis très vite prise en charge.

- Vous faites pas les choses à moitié vous alors ! s’exclame le médecin qui ment comme un arracheur de dents quand il dit qu’il va faire 2 piqûres d’anesthésie dans le doigt alors qu’il en fait 5 en réalité. Par chance, le tendon n’est pas touché, vous avez une coupure profonde et une petite fracture à l’os. On va vous réparer tout ça.

- Et là, vous êtes en train de faire les points de suture ? que je lui demande en regardant le mur et sa peinture couleur jaune-urine.

- Ah non, pas du tout, là je suis en train de fouiller dans votre doigt pour m’assurer qu’il n’y ait rien d’autre d’endommagé.

Je sens que je vais recouvrir le mur couleur pisse d’une couleur verdâtre qui ne sera pas sans me rappeler les haricots du déjeuner.

Cinq points de suture plus tard, et plus de peur que de mal, me voilà rabibochée, prête à reprendre la route des fourneaux.

Et comme je suis généreuse, je te fais partager mon envie de gerber :

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(Non, non, ne me remercie pas mon ptit morpion, c’est cadeau rien que pour toi.)

Une chose est sûre: l’est très efficace mon mixeur à soupe…

 

 

20 centimètres…

 

20 cms touffus et poilus,

20 cms que je prenais plaisir à sucer et mâchouiller délicatement,

20 cms avec lesquels je jouais malicieusement,

20 cms que je humais avec gourmandise,

20 cms qui me chatouillaient au-dessus de mes fesses,

 

Mais 20 cms qui me manquent aujourd’hui,

Sur un coup de tête, et beaucoup d’incompréhension, c’en est fini,

Alors que tout semblait pourtant bien engagé,

Motivée et de braise, comme je ne l’avais jamais été,

A peine un dernier regard  quand on s’est séparés,

Et une larme de désespoir,

De la haine aussi, des envies de meurtre parfois,

 

Et une ultime question qui résonne encore dans ma tête:

 

 

Pourquoi ?

 

 

 

 

Pourquoi coiffeuse, quand je te dis « Juste les pointes », tu m’enlèves 20 cms de ma chevelure ??!

 

20 centimètres... dans Bordel de crotte de zut ! dzivesfilozofija23large_thumb

 

 

Fumer tue

 Dans le Ouest France d’avant-hier, on pouvait lire le titre :  Elle poignarde un adolescent dans l’oeil pour une histoire de cigarette.

Vendredi, vers minuit, une dispute a éclaté entre une femme et un adolescent, en pleine rue en Ille-et-Vilaine.Il semblerait que le jeune homme, âgé de 17 ans, refusait de donner une cigarette à la jeune femme de 32 ans.Cette dernière s’est énervée et a donné un coup de couteau dans l’oeil de l’adolescent. Déjà condamnée pour des coups mortels avec arme, elle a été interpellée et écrouée.Le jeune homme risque de conserver un handicap visuel.

J’ai vraiment la haine contre ces récidivistes qui sortent de prison et qui recommencent à être une menace pour la société.

Surtout quand la victime est un de mes élèves.

Rentrée

Y’a deux choses qui me rendent maussade dans la vie: les impôts, et la rentrée.

En plus, Pépette rentre en 6ème, et les parents doivent assister toute la matinée à la présentation du collège, des profs, patati patata…

Dans le même temps (bah oui, sinon c’est pas drôle), mon proviseur nous attend dans l’amphi du bahut pour parler des résultats aux exams, des projets de l’établissement, patati patata…

(alors que nous, on s’en bat les ovaires, tout c’qu’on attend, c’est d’faire la fête recevoir nos emplois du temps)

Pour ménager le suspense jusqu’au bout, tel un Benjamin Castaldi mettant 3heures pour annoncer le nom du candidat éliminé, notre proviseur garde le meilleur pour la fin et nous fait part d’une excellente nouvelle qui me réchauffe le coeur.

Attention, c’est du lourd de chez méga lourd.

J’ai failli en attraper une double crise cardiaque.

Les photocopieuses fonctionnent.

VE-RI-DI-QUE.

“Le dépanneur est venu hier, ils les a réparées, et elles sont en parfait état de marche”.

Allélujah.

Deuxième bonne nouvelle, et là aussi c’est du lourd:

Les profs d’anglais vont avoir droit à leurs lecteurs cd !!!

Bon, ça va juste faire 2 ans qu’on attend, qu’on avait 3 lecteurs K7 pour 8 profs d’anglais et 2 d’italien. Et qu’aujourd’hui, les manuels n’utlisent que des méthodes CD, donc nos magnétos étaient inutiles. Bien qu’on ait passé une commande l’année dernière et l’année d’avant, on attend toujours notre matos. On a même dit qu’on pouvait reporter la création d’un labo de langues et privilégier l’achat de lecteurs-CD.  Mais rien. Pas de lecteurs Cd à l’horizon, tant et si bien que j’avais fini par acheter mon propre lecteur CD; mais vu l’usage quotidien, le déplacement de salle en salle, le pauvre rend l’âme (il met 10 minutes à détecter le CD…et c’est long 10 minutes devant une classe d’élèves qui ont les yeux braqués sur vous en train de galérer à faire fonctionner ce put*in de bidulle de m*rde !!!)

Tout ça de bonnes nouvelles dans la même matinée, une question se pose :

Where is Brian the piège ?

Deux heures plus tard, je me rends à la photocopy room…

 

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Sur 4 photocopieuses, 3 sont en panne (bourrage papier toutes les 2 copies)

 

Puis, quand j’ai voulu impimer un document depuis l’ordi :

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Finalement, y’a 3 choses qui me rendent maussade dans la vie:

Les impôts, la rentrée, et les trucs soi disant réparés qui ne marchent finalement pas.

Ze honte – Episode 2

Y’a des fois, j’ai trop la flemme de faire à manger envie de faire plaisir à mes loulous en les emmenant à Quick.

Oui, mon ptit acarien, je suis pro Quick. C’est vachement plus bon qu’à MacDo.

Si si.

1/ Déjà, y’a plus de choix.

2/ Boissons à volonté et en self-service.

3/ Des hamburgers au chèvre. Et ça, ça n’a pas de prix.

4/ -20% au drive. Sans avoir besoin de trafiquer ma carte étudiante de 1998.

5/ Un milkshake aux fraises Tagada (tsouin-tsouin)

6/ Une aire de jeux bien foutue.

7/ Un serveur bien foutu.

8/ Des verres smiley à collectionner.

Bref, mon tit crapaud, tu l’auras bien compris: je kiffe grave sa race au Quick.

Sans compter que Quickos, il a une tite bouille bien sympa quickos.jpg

et surtout, il a l’air vachement moins pervers que Ronald quand même.

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D’ailleurs, il me fait penser à Ca, Il est revenu. Le clown de Stephen King.

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Bref, tout ça pour dire que ce midi, j’ai emmené mes pitchounes chez Quick.

On regarde le menu, sans être trop près des caisses, mais suffisamment pour qu’une des caissières entende Doudou dire:

- Maman, la marron, elle était déjà là la dernière fois.

La marron, c’est la caissière qui a sorti un plateau pour préparer notre commande.

Et rouge, c’est la couleur que mes joues ont pris.

Quick, chez nous, c’est le goût la honte.

Ze honte

Chose promise, chose dûe, j’ai emmené mes loulous au coiffeur cet aprèm.

(Fichtre, je ne sais jamais si on dit « chez le coiffeur », ou « au coiffeur ». Ah si, je me rappelle maintenant du cours de grammaire de ma Best qui me reprend à chaque fois que je me trompe: « Ecoute Kinou, c’est pas bien compliqué : on dit on va chez le coiffeur et on va aux putes, et pas l’inverse. »)

J’ai emmené mes loulous chez le coiffeur donc. Afin de rectifier la pseudo-coupe de cheveux affligée par une dame qui a massacré la chevelure de mon ptit gars.

Pendant que Timalin se fait couper les tifs,  son frère Doudou, 7 ans moins une dent, fait le mariole afin de déconcentrer Timalin.

Manquerait plus qu’il tourne la tête et qu’il se fasse défigurer une seconde fois !

J’ai confiance, que je me dis en faisant la respiration du petit chien pour évacuer mon stress. Après tout, l’enseigne du salon de coiffure est « Karma », et avec un nom pareil, il ne peut être que bon mon Karma, isn’t it ?

Je bloque donc Doudou dans mes bras pour l’empêcher de trop bouger, et je le menace avec l’ultime arme redoutable (dont l’efficacité est prouvée avec des enfants de tous âges, même avec des ados à la frange façon Justin Bieber), un mot de 7 lettres : le CHANTAGE.

( Oui, je sais, y’a 8 lettres. It’s my blog, I do what I want. Non, mais…)

- Doudou, tu te calmes sinon pas de DS pendant 3 heures !

L’effet est instantané. Doudou me fait même un gros câlin en serrant ma taille 34 (Oui, je sais, y’a au moins 3 tailles au-dessus. It’s my blog, I do what I want…) et me dit qu’il m’aime très fort.

Puis, toujours enserré dans mes bras, il jette un rapide coup d’oeil à son frère qui devient de plus en plus beau à chaque coup de ciseaux, et pose ensuite son regard sur mes tongs. Je comprends qu’il soit attiré, c’est vrai qu’elles sont toutes mimis, mes tongs. Simples et mignonnettes à la fois.

Un peu comme moi, quoi.

D’une voix assez forte, au moment où il n’y a plus aucun bruit de sèche-cheveux, autant dire qu’il régnait un silence digne d’une épreuve de bac, Doudou s’écrie :

- Dis maman, pourquoi ton ongle de gros orteil, il est tout jaune ?

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Bien sûr, comme je fais la sourde oreille en priant de tout coeur pour que la coiffeuse (qui regarde discrètement mon pied) n’ait pas entendu, Doudou reprend encore plus fort, en s’énervant:

- Maman ! Pourquoi ton ongle il est tout jaune et tout cassé ?! Mais pourquoi tu veux pas me répondreeeeuh ???!

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Perso, je crois que mon Karma, il pue.

(Des pieds)

To teach or not to teach ?

Aujourd’hui, mon p’tit têtard, je vais te raconter une anecdote rigolotte (poils à l’épiglotte).

Oui, je sais, je suis en vacances, et au lieu de me dorer la cellulite au soleil, je fais l’effort de travailler mes méninges pour te pondre un ptit article trop d’la balle qui j’espère te fera te pisser dessus de rire.

Trop sympa que je suis.

Donc voilà, ça se passe il  y a quelques années déjà, dans un bahut plutôt sympa, avec des élèves qui préfèrent avoir les mains dans le cambouis que le nez plongé dans un manuel d’anglais, et j’y bosse en tant que remplaçante car vois-tu, mon ptit calamar, fût un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Fût surtout un temps où j’étais SBF (Sans Bahut Fixe).

Et dans ce bahut, comme dans d’autres bahuts, on peut te demander d’enseigner une matière qui n’est pas la tienne (Etienne). Comme ici où l’on m’a demandé de faire un peu de français…C’te bonne blague ! Nan, parce que mes derniers cours de français, ils remontaient à l’époque où Google n’existait pas. (‘tain, j’viens de me prendre une claque de 20 ans en pleine tronche là…) J’irais pas jusqu’à dire que le chef était inconscient de me confier une classe de 2ndes pour du français, mais presque.

Heureusement que j’avais des frangines étudiantes (comme quoi, à part te faire un emprunt de fringues sur 30 ans, ça peut servir de temps en temps ces bestioles-là…) et j’ai donc pu leur piquer leurs cours (du moins, quand elles ne séchaient pas). Ca m’a bien dépanné je dois dire. Ca m’a bien mise en confiance. Bientôt, je pourrai aussi enseigner les maths, la géo, et pourquoi pas même un peu de grec, tiens.

Bref, en gros, trop confiante que j’étais deviendue.

Du coup, une fois, j’ai fait un excès de zèle.

 J’aurais pas dû.
 (lustucru)
 

Donc j’étais en cours, en 204 (la salle, hein, pas la voiture…)
 Et pis je leur demande s’ils connaissent une pièce écrite par Shakespeare.
(Oui, lecteur adoré, ok, je sais ce que tu vas me dire: c’est un cours de français, pas de la littérature anglaise.  Zut, je m’en bats les ovaires, de toute façon, avec leur mémoire en filet de pêche, ils ne se rappelleront plus du cours dès que la cloche aura retentit…)
Et ben tu sais ce que j’ai eu comme réponse ?
(Attention, c’est du lourd)

 -Moi je sais, moi je sais!!! Il a écrit Cyrano de Bergerac !!!!

 
Là, tu es moqueuse, tu te retiens (ou pas) pour lui dire: « Cyrano ? bah voyons… Et pourquoi pas les Misérables, hein, tant qu’on y est ? »

Trop en confiance que j’étais. Parce qu’un petit malin finit fatalement par te poser une question à laquelle tu n’avais pas préparé tes réponses à l’avance, question à laquelle tu sèches lamentablement.
Aïe.
 

” Wé, ben si c’est pas Shakespeare qui a écrit Cyrano, c’est qui qui l’a fait alors ?”

En voilà une question qu’elle est bonne. (Tellement bonne que t’aurais pu t’abstenir de la poser. P’tit con ! )

Dans ces cas-là, ce qu’il faut, c’est se tirer d’affaire en retournant la question à la classe, adoptant un air contrit, voire même blasé de leur ignaritude :

“Rassurez-moi, il y en a bien au moins un parmi vous qui connait l’auteur de Cyrano ? ” (le tout, avec une gestuelle outrée) (je devrais me distribuer des Oscars des fois !)
 Et là, comme par enchantement, une réponse à mes prières, une main…puis deux…puis, ô miracle, trois mains se lèvent, l’une d’entre elles appartenant à l’intello de la classe.

 Toujours faire confiance à l’intello.

“C’est Honoré de Balzac”

 (C’est marrant, j’aurais pourtant juré qu’il écrivait des romans, mais bon il a peut-être écrit des pièces aussi, après tout…)
Et là, je m’entends répondre :

“Ben oui, quand même !”
(toujours faire confiance à l’intello de la classe)

FATAL ERROR !
Parce qu’en rentrant, la première chose que j’ai faite (après avoir pris un carré de chocolat) c’est de regarder sur internet. Puis, je me suis écriée “Eh meeeeeerde !”

Pfff, si on ne peut plus faire confiance aux intellos de nos jours…Non mais c’est vrai, quoi, sans blague! Tiens, j’aurais dû lui foutre 4 heures de colle, pour la peine.

Remarque, depuis cet épisode, on ne m’a plus jamais demandé d’assurer des cours de français…

 

Super…

Hier, comme d’habitude, je consulte les stats d’affluence de mon blog, ainsi que les référants (comment les gens ont découvert le site, quels mots ils ont tapés dans les moteurs de recherche, etc…)

Résultat: (clique sur l’image)

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 VDM

Luis, le joggeur

 Voilà l’été qui arrive, avec son lot de coups de soleil, de jupes, et surtout de kilos d’hiver dont il faut se débarasser.

Le verdict de mon pèse-personne est sans appel :

Luis, le joggeur  dans Bordel de crotte de zut ! va_courrir2

Ca tombe bien, il y a un parc près de chez moi, ni une , ni deux, j’enfile mon survêt et une paire de baskets, et zou, la taille 38 ne sera bientôt plus un rêve !

Malgré la musique entraînante de mon MP3, la remise en marche de ma carcasse est un peu pataude et les premières foulées sont raides. On dirait un cyborg en train de courir avec un manche à balai coincé dans le cul. J’entame mon cinquième premier kilomètre quand j’entends les pas d’un joggeur derrière moi. Quand je ralentis, il ralentit, quand j’accélère, il accélère.

Soudain, il s’écrie: “BRAVO!”

    Hein ? je fais, le souffle coupé.

    Bravo, tou cours muy bieñ. 

    Merci.

Yé m’appelle Luis.

 Contente pour vous.

Je rebranche mon MP3, mais le joggeur, Luís, continue son monologue en adaptant son allure à la mienne.

    Tou sais, tou dois inspirer, expirer, si tou cours deux ou trois fois par semaine, tou ne sentiras plou la douleur. Tou as déjà couru à des marathons ?

     Non, jamais.

     La vie est vraiment pleine de sourprises ! Yé cours et yé té vois. Ma tou es vraiment souperbe !

Pause: j’aimerais tellement vous dire que ce monsieur était d’une précision redoutable, mais regardez-moi, en train de suffoquer comme un bœuf en chaleur, suant de partout même des sourcils, les joues en feu, un fin filet de morve pendant au nez que je ravale dans un raclement de gorge, alors force est de reconnaître que l’on fait plus facilement sexy dans le genre !

    Et ta cheveloure, elle est magnifique!

    Oui, mes trois enfants ont les mêmes cheveux que moi.

    Wouah, bravo, trois enfants et tou cours toujours comme oun lapine ! Muy bieñ, muy bieñ. Yé viens courir ici tous les dimanches, on pourrait courir ensemble si tou veux.

    Non, sans façon merci, je suis overbookée en ce moment.

    Ma tou fais quoi?

    Je suis prof d’anglais.

    Ma tou es en vacances alora ! Muy bieñ ! Tou sais, yé suis Mexicain, y dans mon pays, on admire la cheveloure des femmes. C’est la première chose que yé vou chez toi, me dit-il en fixant ma poitrine qui ballotait à chacune de mes foulées.

Il poursuit tandis que je scrute des yeux un raccourci pour regagner mon véhicule au plus vite.

    Dans mon pays, on dit qué lé passé c’est l’histoire, lé foutour c’est lé mystère, et lé présent c’est oun cadeau, la preuve yé souis ici avec toi.

    Héhé, et dans mon pays, on dit “il ne faut pas abuser des bonnes choses”, alors adios!

    Yé souis sour qué tou es oun personne très optimiste, tou souris tout le temps.

    Je ne souris pas là, je suis crispée à cause d’un point de côté !

    Tou veux qué j’appouie?

    Grrr bas les pattes! Ca va, c’est passé.

    Tou sais, la respiracione, c’est très important. Tou peux courir 20 kilomètres si tou ventiles bien, ça s’appelle la “respiracione contrôlée”. Tou passe par le ventre. C’est bon pour lé mental.

    Si tu le dis…

    Tou parles anglais alora ?

    Bravo, belle déduction…

    Moi, yé parle cinq langues.

    Cool.

    Tou as déjà vou le Mexique?

    Non, jamais.

    Mon pays a oun coultoure. Tou as déjà entendou parler des Incas?

    Oui, je n’ai râté aucun épisode des “Mystérieuses Cités d’Or”.

    Muy bieñ ! Tou as de beaux yeux, comme des étoiles dans le cosmos. Tou es tellement charmante qué yé envie de faire quelque chose pour toi: du guacamole tou connais ?

    Non, mais ça ira, merci.

    Tou sais, moi yé parle bien français, yé appris tout seul avec ma guitare en chantant les Biteless, ” Let it be”. Tou voudras qué yé joue de la guitare ?

    Malheureusement, j’écoute seulement du youkoulélé. Ah beurk !!!

    Quoi, qu’est-ce que tou as ?

    J’viens de marcher dans une crotte de chien ! je m’exclame dégoûtée, en essuyant ma chaussure contre une feuille.

    Ma, c’est la natoure ! Quand y’étais en Bolivie, y’avais loué oun âne pour monter en haut de la montagne, et tou sais là-haut, y’a pas de toilettes, tou fais dans la natoure, c’est plou sain qué dé sé réssouyer avec dou papier, ça té laisse des moutons dans lé coul ! Ma pourquoi qué tou rigoles ?

    Non, pour rien, laisse tomber. De toute façon, c’est ici que je m’arrête.

    Tou es déjà fatiguée?

    Oui, c’est ce que me dit souvent mon conjoint aussi.

    Bientôt quand tou courras tous les jours, tou pourras courir plou vite et plou longtemps. Et tout pourras faire ça aussi…

Je crois que Jean- Claude Vandamme a pris possession du corps de Luis qui est en train de faire une démonstration de grand écart latéral sous le regard amusé des autres joggeurs.

    Bon ben salut ! trop pressée d’en finir.

    Attends oun minoute ! Y’habite en face dou parc. Tou viens sonner quand tout veux.

    C’est ça Luis, merci, merci beaucoup. A la prochaine, hein…

 Je sens que mes baskets vont encore rester un paquet de temps dans le placard…

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